Bien que la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO) n'entre en vigueur qu'à partir du 01.01.2020, les registres du cancer en Suisse ont déjà une histoire de 50 ans. Le premier registre du cancer a été fondé à Bâle en 1969.

  1. Qu’est-ce que le cancer?

    Le terme de «cancer» recouvre un large éventail de maladies différentes qui présentent certaines caractéristiques communes : des cellules normales au départ qui se multiplient de façon incontrôlée, prolifèrent dans les tissus sains, et les endommagent. Puis elles se transforment en cellules cancéreuses. Les cellules cancéreuses peuvent se détacher de l’endroit où elles se sont constituées et donner naissance à des tumeurs filles, ce que l'on appelle des métastases. 

    Les maladies oncologiques sont dues à des altérations du matériel génétique des cellules. Certains facteurs sont connus pour favoriser ces altérations et peuvent jouer un rôle dans l’apparition de cancer. Il s’agit par exemple :

    • du processus de vieillissement naturel,
    • du mode de vie (p. ex. tabagisme, consommation d’alcool, etc.),
    • d’influences extérieures (p. ex. virus, substances nocives, tabagisme passif, rayons UV),
    • ou de facteur héréditaires ou génétiques.

    Certains de ces facteurs peuvent être influencés, d’autres pas. On estime qu’environ un tiers des cancers pourraient être évités en éliminant certains facteurs de risque comme le tabac ou l’alcool. Les deux tiers restants sont liés à des facteurs non modifiables ou inconnus. Près de 90 % des cancers touchent des personnes de cinquante ans et plus. On estime aujourd’hui que dans 5 à 10 % des cas, le cancer est lié à une modification congénitale avérée du matériel génétique. Dans les familles concernées, le cancer touche chaque génération, et souvent des personnes jeunes.

    L’enregistrement des cas de cancer permet de renforcer nos connaissances sur l’apparition et la progression des cancers. La base de données créée à partir de ces registres est par ailleurs utilisée afin d’observer l’évolution des cas de cancer à l’échelle de la population.

  2. Le cancer en Suisse

    L’espérance de vie de la population suisse a presque doublé au cours des 100 dernières années. Cette progression de l’espérance de vie a entraîné une forte augmentation du nombre de cas de maladies non-transmissibles, qui touchent principalement les personnes âgées (p. ex. cancers, maladies cardiovasculaires ou diabète). 

    Actuellement, plus de 40 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en Suisse ; près de 17 000 femmes et hommes meurent de cancer chaque année. Le cancer est ainsi devenu la deuxième cause de mortalité en Suisse après les maladies cardiovasculaires, et est responsable de près d’un quart des décès. Quatre types de cancer sont responsables de plus de la moitié des nouveaux cas. Chez les hommes, les cancers les plus fréquemment diagnostiqués sont ceux de la prostate, des poumons ou des intestins. Les femmes sont principalement atteintes de cancers du sein, des poumons ou du côlon. En raison de l’évolution démographique, le nombre de nouveaux cas comme le nombre de décès continueront de croître. L’Office fédéral de la statistique (OFS) estime que d'ici 20 ans, les décès liés au cancer auront augmenté d’environ un tiers. Dans le même temps, le nombre de « malades », c’est-à-dire de patientes et patients vivant avec un cancer, va lui aussi nettement progresser. Aujourd'hui déjà, 370 000 personnes sont concernées en Suisse. 

    Les maladies oncologiques sont rares chez les enfants et adolescents. En Suisse, chaque année, 400 enfants et adolescents sont atteints de cancer. Les cancers dont souffrent les enfants ne sont pas les mêmes que ceux des adultes. Chez les enfants, les cancers les plus fréquents sont les leucémies, les tumeurs cérébrales, les lymphomes et une série de tumeurs rares issues de tissus embryonnaires immatures, qui n’existent pas chez les adultes. Au cours des dernières décennies, les chances de survie des enfants atteints de cancer se sont nettement améliorées. De nombreux enfants parviennent à guérir. Ces ex-patient(e)s sont néanmoins exposés à un risque élevé de séquelles tardives. Les séquelles tardives sont des problèmes de santé qui apparaissent des années après le cancer. Il peut s’agir par exemple de maladies cardiovasculaires, d'une infertilité, de troubles de l’audition, de nouvelles tumeurs ou de problèmes psychiques. Ces jeunes patients ayant encore de nombreuses années à vivre devant eux, il est important que leur santé fasse l’objet d’un suivi régulier et de long terme.

  3. Brève histoire de l’enregistrement du cancer en Suisse

    L’enregistrement du cancer chez les adultes

    En Suisse, le recensement des adultes atteints de cancer était et reste organisé au niveau cantonal et est consigné dans les registres cantonaux et régionaux des tumeurs. Chaque année, tous les nouveaux cas de cancer diagnostiqués parmi la population du canton concerné sont recensés dans ces registres. Chaque registre dispose de sa propre structure organisationnelle qui travaille en étroite collaboration avec les hôpitaux, les laboratoires anatomie et cytologie pathologiques et tous les autres organismes pouvant fournir des informations sur les cancers. Par ailleurs, les registres de recensement des habitants des communes sont également régulièrement consultés afin de constater si les patientes et patients sont encore en vie ou sont décédés.

    Le premier registre cantonal des tumeurs de Suisse a été créé en 1969 à Bâle1. Puis ont suivi d’autres registres dans les cantons de Genève (1970), Vaud et Neuchâtel (1974), Zurich (1980), Saint-Gall-Appenzell (1980), Valais (1989), Grisons (1989 et Glaris (1992), et enfin du Tessin (1996). Les cantons du Jura (2005), de Suisse centrale (2010/2011), de Zoug (2011) et de Thurgovie (2012), Argovie (2013) Berne (2014) et Soleure (2019) ont quant à eux commencé leurs registres dans les années 2000/2010. Dans les cantons de Schwytz et Schaffhouse, l’enregistrement des cancers a démarré le 1er janvier 2020 avec l’entrée en vigueur de la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO).

    1 Si le registre bâlois a été créé en 1969, les données électroniques ne sont disponibles que depuis 1981.

    L’enregistrement du cancer chez les enfants et adolescents

    Depuis 1976, le Registre Suisse du Cancer de l'Enfant (RSCE) enregistrait tous les cas de cancer touchant des enfants et adolescents en Suisse. Il a été créé par les onco-pédiatres suisses réunis au sein du Groupe d'Oncologie Pédiatrique Suisse (SPOG). La loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO) entrée en vigueur le 1er janvier 2020 décrit comment doit être géré le registre national du cancer de l’enfant. Le RSCE, en tant que communauté de soumissionnaires composée du Groupe d'Oncologie Pédiatrique Suisse (SPOG) et de l’Université de Berne, s’est proposé pour gérer le registre du cancer de l’enfant prévu par la LEMO. À l’été 2018, la Confédération a attribué cette tâche fédérale à la communauté de soumissionnaires (SPOG/Université de Berne). À compter de 2020, la partie registre du RSCE constituera le nouveau registre fédéral du cancer de l’enfant (RCdE), chargé de recenser pour toute la Suisse les maladies oncologiques touchant les enfants et les adolescents de moins de 20 ans. Le registre fédéral du cancer de l’enfant se trouve à l’Institut de médecine sociale et préventive de Berne. Vous trouverez une chronologie complète de l’histoire de l’enregistrement du cancer de l’enfant et de l’adolescent ici.

    L’Institut National pour l’Epidémiologie et l’Enregistrement du Cancer (NICER)

    En 1978 est fondée l'Association Suisse des Registres du Cancer (ASRT) dans l’objectif d'uniformiser la collecte des données, de créer une base de données intercantonale et de soutenir la recherche épidémiologique sur le cancer au niveau national. Cette association a donné naissance en 2007 à l’Institut National pour l’Epidémiologie et l’Enregistrement du Cancer (NICER), une fondation indépendante implantée à l’Université de Zurich. Depuis sa création, l’Institut National pour l’Epidémiologie et l’Enregistrement du Cancer (NICER) coordonne l’enregistrement des cancers en Suisse, collecte et réunit les données des registres cantonaux et régionaux des tumeurs, harmonise le travail et assure la qualité des données. L’autre objectif de la fondation est de soutenir la recherche épidémiologique sur le cancer en Suisse. La loi nationale sur l'enregistrement des maladies oncologiques prévoit la création d'un organe national d’enregistrement du cancer (ONEC). Par décision du Département fédéral de l'Intérieur (DFI), l’Institut National pour l’Epidémiologie et l’Enregistrement du Cancer (NICER) a été mandaté pour assumer les missions de l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC).

    Changements apportés par la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques

    Le Parlement fédéral a légiféré sur l’enregistrement des maladies oncologiques en mars 2016 (loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques, LEMO ; RS 818.33). Le Conseil fédéral a adopté l’ordonnance correspondante (OEMO, RS818.331) en avril 2018. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2020.

    La loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO ; RS 818.33) établit des règles afin de disposer de données pertinentes et fiables sur les maladies oncologiques en Suisse. Elle introduit quelques nouveautés, telles que la protection des patients, l’obligation de déclarer, l’utilisation du numéro d’assuré (numéro AVS) pour l’identification des personnes ainsi que la standardisation des jeux de données, de l’enregistrement et de la transmission des données. À compter du 1er janvier 2020, les médecins, les hôpitaux et les autres institutions privées ou publiques du système de santé chargés de diagnostiquer ou de traiter une maladie oncologique sont tenus de communiquer certaines données concernant les maladies oncologiques au registre du cancer concerné. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2020, les cantons ont l’obligation de tenir chacun un registre des tumeurs ou de s’affilier à un registre existant.

    Le potentiel de la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques réside d'une part dans l’amélioration des données disponibles dans le cadre de l’observation de l’évolution des maladies oncologiques et autres maladies non transmissibles très répandues ou malignes. D’autre part, ces données permettront d’élaborer, de mettre en place et de suivre des programmes de prévention et de dépistage et des évaluations de la qualité de prise en charge, de diagnostic et de traitement et de soutenir la planification des soins et la recherche.

  4. La Loi sur l’enregistrement des maladies oncologiques (LEMO) et l’ordonnance

    La loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO ; RS 818.33) établit des règles afin de disposer de données pertinentes et fiables sur les maladies oncologiques en Suisse. La loi et son application entrent dans le cadre de la Stratégie Santé 2020 du Conseil fédéral.

    Le Parlement a adopté la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques en mars 2016 (LEMO ; RS 818.33). Le Conseil fédéral a adopté l’ordonnance correspondante (OEMO, RS818.331) le 11 avril 2018. La loi et l’ordonnance sont entrées en vigueur le 1er janvier 2020. La loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (LEMO) introduit quelques nouveautés, telles que la protection des patients, l’obligation de déclarer, l’utilisation du numéro AVS pour l’identification des personnes ainsi que la standardisation des jeux de données, de l’enregistrement et de la transmission des données.

    Informations sur la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques - Office fédéral de la santé publique (OFSP)

    Loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Ordonnance sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Notes explicatives de l'ordonnance sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Message de la loi fédérale sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

  5. Sens et objectif de l’enregistrement du cancer au niveau national et de la loi sur l’enregistrement des maladies oncologiques (LEMO)

    Le système d’enregistrement du cancer régi par la loi à partir de janvier 2020 permet de standardiser la collecte de données sur les maladies oncologiques. Ainsi, les données sur les maladies oncologiques en Suisse gagnent en qualité. La collecte de données pertinentes et fiables est la condition sine qua non pour pouvoir observer l’évolution des maladies oncologiques au cours des années au niveau national. L'objectif est de mieux comprendre les maladies oncologiques et de pouvoir encore mieux les traiter. Grâce aux données collectées, il est ainsi possible d’étudier si les maladies oncologiques progressent ou reculent en Suisse, ou s'il existe des différences régionales. Les résultats obtenus serviront à l’élaboration de mesures de dépistage ou de prévention, à la mise en place d'une prise en charge médicale et d'un suivi adaptés, et à soutenir la recherche. Par prise en charge médicale, on désigne l’ensemble des prestations médicales servant à préserver la santé d'une personne, par exemple un traitement. Le suivi signifie que la patiente ou le patient continuera de recevoir une attention médicale même une fois son cancer guéri, p. ex. avec des examens de suivi.

  6. Les missions de l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC), du registre fédéral du cancer de l’enfant (RCdE) et des registres cantonaux des tumeurs

    L’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC) est l’organe national chargé de réunir les données sur toutes les maladies oncologiques survenues en Suisse à partir des registres cantonaux des tumeurs. Il contrôle la qualité des données et les consigne dans le registre du cancer. L’organe national d’enregistrement du cancer et le registre fédéral du cancer de l’enfant sont responsables de la rédaction des rapports sanitaires sur les maladies oncologiques. L’organe national d’enregistrement du cancer comme le registre fédéral du cancer de l’enfant transmettent les données nécessaires à l’établissement de statistiques nationales sur le cancer à l’Office fédéral de la statistique (OFS). Par décision du Département fédéral de l'Intérieur (DFI), l’Institut National pour l’Epidémiologie et l’Enregistrement du Cancer (NICER) a été mandaté pour assumer les missions de l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC).

    Le registre fédéral du cancer de l’enfant (RCdE) est l’organe national en charge de toutes les questions et évaluations en lien avec l’oncologie pédiatrique. Il collecte les données nationales sur tous les enfants et adolescents de moins de 20 ans atteints de cancer. Il consigne des données sur les nouveaux diagnostics et sur la progression globale de la maladie et du traitement. Une fois par an, le registre fédéral du cancer de l’enfant transmet une partie des données collectées aux registres cantonaux des tumeurs. Avec l’organe national d’enregistrement du cancer, le registre fédéral du cancer de l’enfant est responsable de la rédaction des rapports sanitaires sur les maladies oncologiques. Par décision du Département fédéral de l'Intérieur (DFI), la communauté de soumissionnaires SPOG/Université de Berne a été mandatée pour assumer cette mission.

    Les registres cantonaux des tumeurs consignent les maladies oncologiques et leurs traitements chez les adultes (à partir de 20 ans) qui vivent dans le canton du registre concerné. Les registres cantonaux des tumeurs transmettent les données sur les maladies oncologiques enregistrées en Suisse à l’organe national d’enregistrement du cancer annuellement.

  7. Champ de la collecte des données dans le cadre de l’enregistrement du cancer

    Les données collectées sur chaque maladie oncologique sont standardisées. Elles comprennent le type et le stade de la maladie et des informations sur le traitement initial et l’apparition éventuelle de récidives et de métastases. Cela permet d’une part une collecte uniforme, exhaustive et complète des données sur tous les nouveaux cas de cancer ainsi qu’un suivi de la progression de la maladie.

    Le cancer du sein, le cancer de l’intestin et le cancer de la prostate représentent près de la moitié des nouveaux cas de cancer en Suisse. C’est la raison pour laquelle, pour ces types de cancer, des données supplémentaires sont collectées, sur les éventuelles prédispositions génétiques et les maladies préexistantes et coexistantes. Dans le cas des maladies oncologiques dont souffrent les enfants et les adolescents, outre les données de bases, d’autres données sont collectées, par exemple sur les prédispositions génétiques, les maladies préexistantes et coexistantes, et des informations sur la progression globale de la maladie, son traitement et son suivi. 

    Par ailleurs, les données personnelles suivantes doivent être consignées dans les registres des tumeurs : nom, prénom, numéro d’assuré (numéro AVS), adresse et numéro de commune, date et lieu de naissance, sexe, état civil, nationalité. Les informations à caractère personnel sont requises pour permettre un enregistrement correct dans les registres des tumeurs.

    Les coordonnées des personnes ou institutions soumises à une obligation de déclarer doivent être enregistrées dans les registres des tumeurs. Il s’agit de tous les médecins, hôpitaux, instituts pathologiques et laboratoires médicaux qui diagnostiquent et/ou traitent une maladie oncologique. Cela permet de leur poser des questions en cas de doute, mais aussi de mener des analyses par établissement. Les analyses par établissement ne pourront être traitées et publiées qu’à condition que les institutions/personnes impliquées aient donné leur accord pour le traitement et la publication.

  8. Le traitement des données du registre du cancer

    La collecte des données s’effectue dans le registre cantonal ou régional des tumeurs concerné (maladies oncologiques touchant des adultes à partir de 20 ans) ou dans le registre du cancer de l’enfant (maladies oncologiques touchant des enfants et adolescents de moins de 20 ans). Les données transmises par le médecin déclarant au registre des tumeurs concerné seront consignées dans le registre après un délai de carence de trois mois (voir également : Les droits du patient dans le cadre de l’enregistrement du cancer). Pour s’assurer que le patient est bien répertorié dans le bon canton, son adresse est comparée avec les registres de recensement cantonal et communal (vérification du lieu de résidence principale). Le registre cantonal des tumeurs peut également demander les informations manquantes au médecin déclarant. Une vérification sera menée à l’aide de la statistique sur les causes de décès de l’Office fédéral de la statistique (OFS) et des statistiques médicales des hôpitaux afin de constater si des cas de cancer n’ont pas été déclarés afin, le cas échéant, de les enregistrer a posteriori.

    Le statut de vie des patients atteints de cancer enregistrés est contrôlé par la Centrale de compensation fédérale. Chaque année, les registres cantonaux des tumeurs déclarent les maladies oncologiques enregistrées à l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC). Les données seront anonymisées (ne pourront permettre de remonter jusqu’à une personne) avant d’être transmises à l’organe national d’enregistrement du cancer car les données personnelles ne sont pas nécessaires pour les évaluations.

  9. Les droits du patient dans le cadre de l’enregistrement du cancer

    Tous les patients (respectivement les représentants légaux) doivent être informés oralement et par écrit de leurs droits, des mesures prises pour protéger leurs données personnelles ainsi que du sens et de l’objectif de l’enregistrement des maladies oncologiques. À cet effet, le patient reçoit une brochure d'information et des informations orales.

    Tous les patients (respectivement les représentants légaux) ont le droit d'obtenir des renseignements auprès du registre des tumeurs compétent pour savoir si et, si oui, quelles informations les concernant ont été répertoriées. Une requête peut être soumise au registre des tumeurs compétent (droit à l'information).

    En outre, tous les patients (respectivement les représentants légaux) ont le droit de s'opposer à l'enregistrement de leurs données (droit d'opposition). Afin de donner aux patients (respectivement les représentants légaux) suffisamment de temps pour décider de l'enregistrement ou non leurs données, un délai de carence a été défini par la loi. Ce délai de carence est de trois mois et commence le jour où le patient (respectivement le représentant légal) est informé de l'enregistrement des maladies oncologiques. Pendant cette période, le registre cantonal des tumeurs compétent n’est pas autorisé à enregistrer les données qui lui ont été déclarée. Si un patient a déposé une opposition auprès d'un registre des tumeurs, les données de la personne concernée ne seront pas enregistrées du tout ou, si l'opposition est reçue après le délai de carence, ces dernières seront anonymisées à des fins statistiques. Anonymisation signifie qu’il n’est plus possible de faire le lien entre ces données et le patient. La durée de validité d'une opposition est illimitée et s'applique également au-delà du décès si l'opposition n'a pas été retirée par le patient à une date ultérieure.

    Droits du patient dans le cadre de l'enregistrement du cancer - Office fédéral de la santé publique (OFSP)

  10. Protection des données

    La protection des données suit les normes et législations en vigueur en Suisse. Les données collectées sont traitées de manière strictement confidentielle. Les règles d’enregistrement et de traitement des données sont établies dans la loi sur l’enregistrement du cancer et dans la loi sur la protection des données. Il y est par exemple indiqué comment les informations doivent être enregistrées, qui peut utiliser les informations et quand les informations doivent être effacées. Par ailleurs, les collaborateurs des registres des tumeurs sont soumis au secret professionnel. Ils sont les seuls à pouvoir traiter et enregistrer vos données à caractère personnel (p. ex. nom, prénom, adresse). Les caisses maladies, les assurances ou les employeurs, par exemple, n’ont pas accès à ces informations.

  11. Publication des données des registres des tumeurs – La statistique nationale sur le cancer et la rédaction des rapports sanitaires sur les maladies oncologiques

    Statistique nationale sur le cancer

    La statistique nationale sur le cancer est établie à partir du recensement des cancers (disponible en ligne chaque année) et du rapport sur le cancer (rapport imprimé publié tous les 5 ans). Dans le contexte de la loi sur l’enregistrement du cancer, le recensement comprend les observations sans évaluation. Le recensement des cancers est donc une observation de routine standardisée des données sur les maladies oncologiques en Suisse. 

    Le rapport national sur le cancer sert à expliquer plus en détails les cas de cancer et va donc au-delà du contenu du recensement annuel. Le rapport national sur le cancer doit permettre aux scientifiques, praticiens et représentants politiques/l’État, ainsi qu’à l’ensemble du grand public, d’observer l’incidence et l’évolution des maladies oncologiques en fonction du temps et des régions. Par ailleurs, à l’avenir, le rapport offrira la possibilité d’utiliser ces observations pour la planification des soins de différents groupes de patients dans le contexte du diagnostic et de la forme de traitement choisie.

    La responsabilité de la mise en place de la statistique nationale repose principalement sur l’Office fédéral de la statistique (OFS), en collaboration avec l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC) et le registre fédéral du cancer de l’enfant (RCdE).

    Rédaction des rapports sanitaires sur les maladies oncologiques

    À l’avenir, les rapports sanitaires sur les maladies oncologiques constitueront un complément de la statistique nationale sur le cancer. Dans le contexte de la LEMO, les rapports sanitaires sur les maladies oncologiques fournissent des observations avec évaluation et émettent éventuellement des recommandations.

    Les rapports sanitaires sur les maladies oncologiques apportent une réponse aux questions de politique de santé actuelles concernant le cancer. Outre les décideurs politiques de différents niveaux, ils s’adressent également aux divers acteurs du domaine médical (praticiens, sociétés spécialisées, chercheurs, etc.).

    Des analyses différenciées et des descriptions de la situation sanitaire et de prise en charge de certains groupes de population et de patients fourniront une base solide pour pouvoir émettre des recommandations à l’attention des décideurs et des acteurs précédemment cités. Les questions et connaissances scientifiques actuelles seront prises en compte dans l’interprétation des observations multifactorielles des cas de cancer.

    La responsabilité de la mise en œuvre de la rédaction des rapports sanitaires repose sur l’organe national d’enregistrement du cancer (ONEC) et le registre fédéral du cancer de l’enfant (RCdE).

  12. Liens vers les registres cantonaux/régionaux des tumeurs et le registre fédéral du cancer de l’enfant

    Vous trouverez les coordonnées et les liens vers les registres cantonaux/régionaux des tumeurs et le registre fédéral du cancer de l’enfant ici.

  13. Des PDF de l’information aux patients en version longue et en version courte simplifiée sont disponibles en PDF et en lien

    Page d'information pour les patientes et patients (lien web)

    Information aux patients pour adultes, version intégrale (PDF)

    Information aux patients pour enfants et adolescents, version intégrale (lien Web)

    Information aux patients pour adultes, enfants et adolescents, version courte (PDF)

    Les fiches d'information pour les patientes et patients sont également disponibles en italien, français, romanche, anglais, et dans beaucoup d’autres langues.

  14. Autres informations

    Brèves informations sur la Stratégie nationale contre le cancer 2017-2020

    La Stratégie nationale contre le cancer vise à élaborer des solutions pour relever les défis en matière de prévention, de prise en charge et de suivi des personnes atteintes de cancer, mais aussi pour soutenir la recherche sur le cancer en Suisse au sein d'un large réseau de personnes et organisations du secteur de la santé, de la recherche, de l’économie, de la politique et de la société. L'objectif ultime est de construire une Cancer Community qui englobera l’ensemble du discours sociétal, économique, scientifique et politique sur le cancer en Suisse. L’application de la Stratégie nationale contre le cancer est gérée par Oncosuisse. Oncosuisse représente plusieurs organisations qui se consacrent à la lutte contre le cancer. 

    Brèves informations : Stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles (Stratégie NCD) 2017-2020 et Stratégie nationale Addictions 2017-2020

    La Stratégie NCD comme la Stratégie nationale Addictions agissent dans les domaines de la promotion de la santé et la prévention, et de la prise en charge médicale. La Stratégie nationale Addictions agit dans le domaine de la promotion de la santé et de la prévention des addictions et met l’accent sur la prise en charge des personnes souffrant d’addictions (dépistage et traitement de l’addiction, mais aussi réduction des risques). La promotion de la santé et la prévention des maladies non transmissibles sont les principaux axes de la Stratégie NCD. Elle se concentre principalement sur le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les affections chroniques des voies respiratoires et les maladies musculosquelettiques. Son but est dans le même temps de renforcer la prévention dans la prise en charge médicale de base. Les interfaces entre la Stratégie NCD et la Stratégie nationale Addictions prennent une résonance particulière dans le cadre de leur mise en application (conception et mise en place des plans de mesures). Elles se rejoignent notamment sur les questions spécifiques de la prévention de l’alcoolisme et du tabagisme et plus généralement sur les questions de promotion de la santé et de prévention.

    Liens pour obtenir davantage d'informations

    Stratégie Santé 2020 du Conseil fédéral (PDF)

    Poursuite de la Stratégie nationale contre le cancer 2017-2020 (PDF)

    Stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles (Stratégie MNT 2017-2024) (PDF)

    Plan de mesures de la Stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles (Stratégie MNT 2017-2024) (PDF)

    Stratégie nationale Addictions 2017-2024 (PDF)

    Plan de mesures de la Stratégie nationale Addictions 2017-2024 (PDF)

    Pages d'information sur la statistique du cancer de l'Office fédéral de la statistique (OFS)

    Le cancer en Suisse, rapport 2015 (PDF)

    Pages d'information sur la loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques - Office fédéral de la santé publique (OFSP)

    Loi sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Ordonnance sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Notes explicatives sur l’ordonnance sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)

    Message de la loi fédérale sur l'enregistrement des maladies oncologiques (PDF)